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Premières démarches réglementaires
Distinguer licence et permis, préparer les démarches d’ouverture et organiser les vérifications réglementaires du quotidien.
Debutant · Environ 55 min, exercices inclus
Ce que vous saurez faire
Vous pourrez distinguer les documents utiles, identifier les interlocuteurs et construire un dossier d’ouverture à vérifier. Prévoyez 20 minutes de lecture et 35 minutes de travail sur votre projet. Ce module concerne les repères français ; les sources ont été consultées le 6 octobre 2026. Il prépare vos démarches, sans délivrer de permis d’exploitation ni remplacer une formation obligatoire.
1. Décrire le projet avant de chercher une licence
Écrivez une page précisant l’adresse envisagée, les boissons, la vente sur place ou à emporter, la présence de repas, les horaires, une éventuelle terrasse et les animations. Deux projets appelés « bar » peuvent demander des démarches différentes. Indiquez aussi si vous reprenez un établissement, changez son emplacement ou créez une nouvelle activité.
Pour chaque hypothèse, notez ce qui est confirmé, ce qui dépend d’un accord et qui doit répondre. Cette méthode évite de transformer une supposition en engagement financier. Avant de signer, demandez des justificatifs et confrontez le projet aux possibilités réelles du local.
2. Distinguer trois éléments
La licence correspond aux boissons et au mode de vente autorisés. Pour un bar sur place, la licence III concerne le groupe 3 ; la licence IV permet notamment les spiritueux des groupes 4 et 5. Une licence restaurant concerne l’alcool servi avec les repas : elle ne suffit pas pour une activité de bar autonome. La vente à emporter relève de catégories distinctes. Consultez le tableau officiel plutôt que le seul degré d’une bouteille.
Le permis d’exploitation atteste la formation requise de l’exploitant pour la consommation sur place. Sa validité est de dix ans, avec renouvellement par formation. La vente à emporter entre 22 h et 8 h exige une formation spécifique.
La déclaration préalable utilise le Cerfa 11542, généralement au moins quinze jours avant l’ouverture, la mutation ou la translation. Elle se dépose en mairie, avec des circuits particuliers à Paris et en Alsace-Moselle. Conservez le récépissé.
Une licence IV existante doit être acquise : on ne crée pas librement une nouvelle licence IV. Vérifiez sa situation et les autorisations de déplacement avant tout achat.
Source : licences et permis ; source : déclaration et formulaire.
3. Vérifier le local et les autorisations
Préparez une liste de questions pour la mairie, la préfecture et les interlocuteurs compétents : le projet est-il compatible avec l’adresse ? Quels arrêtés fixent les horaires et les conditions locales ? Quelles démarches concernent les travaux, la terrasse et l’accueil du public ? Une terrasse sur le domaine public nécessite une autorisation ; elle ne doit pas être considérée comme acquise avec le bail.
Un établissement recevant du public doit respecter les exigences applicables de sécurité incendie et d’accessibilité. Vérifiez les issues, les équipements, les registres et les autorisations liées aux travaux ou à l’ouverture avec les services concernés. Pour des concerts ou de la musique diffusée, identifiez aussi les obligations relatives aux droits musicaux et aux nuisances sonores.
Ne confondez pas « le précédent exploitant le faisait » avec une preuve d’autorisation. Demandez le document, son titulaire, son périmètre et sa validité. Pour un projet de restauration, consultez aussi la fiche officielle d’ouverture d’un restaurant.
4. Transformer les obligations en routines
Service d’alcool et information du client
La vente ou l’offre d’alcool aux mineurs est interdite ; le professionnel doit exiger une preuve de majorité. Il est également interdit de servir de l’alcool à une personne manifestement ivre. Organisez les vérifications, le refus de service et le recours au responsable avant l’ouverture. Les prix et les affichages obligatoires doivent être accessibles selon les règles applicables. Les arrêtés locaux peuvent préciser les horaires et les conditions d’exploitation.
Pour vous exercer, formulez un refus calme : « Je ne peux pas vous servir d’alcool. Je vous propose une boisson sans alcool. » Ne négociez pas une exception et ne restez pas seul face à une situation menaçante : suivez le protocole de l’établissement.
Allergènes et hygiène
L’information sur les allergènes des produits non préemballés doit être disponible par écrit dans les conditions prévues. Pour les cocktails, vérifiez notamment les œufs, le lait, les fruits à coque et les sulfites selon les ingrédients. Le nom d’une boisson ne permet pas d’en déduire la composition. Tenez une fiche à jour et prenez en compte les contaminations croisées.
Les procédures d’hygiène couvrent le personnel, les locaux, le nettoyage et la conservation. En restauration commerciale, au moins une personne doit justifier de la formation spécifique en hygiène alimentaire, avec les dispenses prévues selon diplôme ou expérience. Vérifiez l’application à votre activité auprès de la DDPP : un bar sans restauration et un restaurant ne se traitent pas automatiquement de la même manière.
Dans votre dossier d’entraînement, traduisez chaque sujet en action concrète : consulter une fiche produit, identifier un responsable, programmer un contrôle ou ranger un justificatif. Les consignes doivent rester accessibles au personnel pendant le service.
5. Construire un dossier de suivi
Créez cinq rubriques et, pour chaque document, indiquez le responsable, la date attendue et la prochaine vérification.
- Activité : description du concept, formalités d’entreprise et interlocuteurs.
- Boissons : catégorie de licence, justificatifs, permis requis, déclaration et récépissé.
- Local : bail ou titre d’occupation, démarches travaux, sécurité, accessibilité et terrasse.
- Exploitation : fiches produits, allergènes, hygiène, affichages et procédures de service.
- Suivi : échéances, demandes en attente, contacts et décisions écrites.
Utilisez trois états : « à vérifier », « en cours » et « confirmé par justificatif ». Une case cochée sans document ou réponse traçable n’est pas une confirmation. Les délais du projet doivent être construits à partir des démarches réellement applicables, et non d’une date d’ouverture choisie seule.
6. Cas pratique : un bar avec cocktails et petite restauration
Projet fictif : vous envisagez un bar servant des cocktails au gin en dehors des repas, quelques plats et une terrasse. Le vendeur affirme que « tout est compris ». Rédigez une liste de dix vérifications avant de vous engager, puis un tableau des démarches avec interlocuteur, pièce attendue et échéance.
Voir les éléments attendus
- Vérifier la licence adaptée à la vente de spiritueux hors repas et la situation de la licence existante.
- Identifier les démarches liées au changement d’exploitant et, si nécessaire, à son déplacement.
- Vérifier le permis d’exploitation requis et sa validité.
- Préparer la déclaration, le bon destinataire et le délai applicable.
- Vérifier les contraintes liées à l’adresse et les horaires autorisés.
- Demander les justificatifs concernant sécurité, accessibilité et éventuels travaux.
- Vérifier séparément le droit d’exploiter la terrasse.
- Déterminer avec la DDPP les démarches alimentaires et les compétences requises.
- Préparer les fiches allergènes et les procédures d’hygiène.
- Organiser affichages, contrôle de majorité, refus de service et suivi documentaire.
Une licence restaurant seule ne correspond pas au service de cocktails au gin en dehors des repas. L’affirmation du vendeur doit être remplacée par des pièces vérifiées et des réponses des autorités compétentes.
7. Quiz de validation
- Une licence et un permis d’exploitation sont-ils le même document ?
- Une licence restaurant suffit-elle pour servir de l’alcool indépendamment des repas ?
- Quel délai général faut-il prévoir pour la déclaration préalable ?
- Comment traiter une demande d’information sur un allergène ?
- Pourquoi une terrasse utilisée par le précédent exploitant doit-elle être vérifiée ?
Afficher le corrigé expliqué
- Non. La licence concerne la vente autorisée ; le permis atteste la formation de l’exploitant requise dans les situations concernées.
- Non. Une activité de bar autonome nécessite la licence adaptée à ses boissons.
- Généralement au moins quinze jours ; vérifiez les cas particuliers et le circuit local dans la fiche officielle.
- Consulter l’information écrite et les fiches produits, vérifier la préparation et les risques de contamination, sans promettre une garantie non établie.
- Parce que son autorisation, son titulaire et ses conditions doivent être contrôlés séparément.
Visez cinq réponses correctes et un dossier où chaque point encore incertain possède un interlocuteur et une action. Relisez les fiches officielles avant de déposer une demande : les règles et la situation de votre établissement peuvent évoluer.
Sources officielles et prolongements
- Licences de débits de boissons : catégories, permis et démarches.
- Déclaration d’un restaurant ou d’un débit de boissons : formulaire et destinataires.
- Réglementation dans un bar ou un restaurant : alcool, affichages et sécurité.
- Information sur les allergènes.
- Hygiène dans la restauration et les commerces alimentaires.
- Ouvrir un restaurant.
Pour prolonger le parcours, consultez les guides BarActu. Vous pouvez maintenant reprendre votre checklist d’ouverture et y intégrer les vérifications étudiées dans ce module.